Dix. C'est le nombre par défaut chez Kanz, et c'est un bon point de départ pour la plupart des commerces. Mais ce n'est pas une convention : le nombre de tampons est une remise déguisée, et il se calcule.
Voici le calcul, en une ligne. Si ta récompense te coûte C et que tu la donnes tous les
N passages, alors tu accordes une remise de C / N par visite. Une récompense à 6 qui
part tous les 10 passages, c'est 0,60 de remise par visite. Compare ce nombre à ta marge
sur une visite, pas au prix de la récompense : c'est là que la décision se prend.
Les montants de cet article sont dans ta monnaie, quelle qu'elle soit. Seuls les rapports comptent.
Ce que le nombre de tampons dit vraiment à ton client
Trop bas, et tu paies pour des visites qui auraient eu lieu de toute façon. Trois tampons pour une récompense, sur un commerce où les gens passent déjà deux fois par semaine, c'est une remise permanente sur des habitués, sans aucun changement de comportement acheté en échange.
Trop haut, et la carte devient invisible. Une récompense à trente passages, sur un rythme mensuel, c'est deux ans et demi. Personne ne construit une habitude sur un horizon qu'il ne voit pas. Kanz plafonne d'ailleurs le réglage à 30, et le plancher à 1.
Le bon nombre est celui qui met la récompense à portée de vue sans être à portée de main. Deux contraintes, et il faut satisfaire les deux.
En passages : entre six et douze. En dessous de six, la récompense arrive avant l'habitude. Au dessus de douze, le compteur est perçu comme un objectif lointain plutôt que comme une progression.
En temps : le tout doit rester sous les six mois environ au rythme normal de tes clients. C'est cette deuxième contrainte qui mord quand ils viennent rarement. Un client hebdomadaire à dix tampons a sa récompense en dix semaines, ce qui va très bien. Un client mensuel à dix tampons attend dix mois, et il abandonne bien avant : pour lui, six est déjà un plafond, pas un plancher.
Ce qui veut dire que si tes clients ont deux rythmes très différents, un seul nombre ne peut pas être bon pour les deux. Choisis en fonction de ceux que tu veux garder, pas de la moyenne.
La règle des 40 %, et pourquoi elle est dans le code
Il existe un deuxième type de récompense, qui n'est pas sur la carte : le cadeau qu'on offre pour faire revenir quelqu'un qui ne vient plus. Là, la question n'est pas « combien de tampons » mais « combien je suis prêt à dépenser pour racheter une visite ».
Kanz répond avec une limite ferme : jamais plus de 40 % de la valeur d'une visite. Si un client dépense typiquement 20 chez toi, le cadeau qui sert à le faire revenir ne peut pas dépasser 8, quelle que soit la générosité du moment.
La raison est arithmétique. Au dessus de ce seuil, la visite rachetée coûte plus cher que ce qu'elle rapporte, et la relance devient une machine à perdre de l'argent d'autant plus vite qu'elle marche bien. Un plafond exprimé en pourcentage de la visite, plutôt qu'en montant fixe, s'adapte tout seul entre un client à 5 et un client à 80.
Deuxième règle, dans le même esprit : parmi les récompenses éligibles, Kanz choisit la moins chère qui reste crédible, jamais la plus généreuse disponible. Un logiciel qui choisit systématiquement le plus gros cadeau à sa portée n'optimise pas ton retour, il optimise son propre taux de réussite avec ton argent.
Une récompense gagnée ne se donne jamais
C'est la troisième règle et c'est celle qui protège la carte elle-même.
Les récompenses de ta carte, celles qui demandent un nombre de tampons, sont exclues des cadeaux de relance. Techniquement, une récompense qui déclare un nombre de tampons requis n'est jamais sélectionnable par une relance, et il n'y a pas de réglage pour lever ça.
Sans cette règle, un client qui a patiemment collecté sept tampons reçoit un message qui lui offre la récompense qu'il était en train de gagner. Le cadeau lui fait plaisir cinq minutes et détruit sept passages d'effort, ainsi que la crédibilité du compteur pour tous les cycles suivants. Une carte à tampons ne vaut que si personne ne peut sauter la file, y compris le logiciel.
Le tampon, ce n'est pas la récompense
Une dernière chose, souvent mal comprise, et qui compte plus que le nombre exact.
Ce qui fait revenir un client, ce n'est pas la récompense du dixième passage. C'est le compteur du troisième. Une carte à trois tampons sur dix crée une petite dette envers soi-même qu'on n'aime pas abandonner, et c'est cette dette qui produit le passage supplémentaire, pas la récompense finale.
Ça a deux conséquences pratiques. La première, c'est que le compteur doit être visible sans effort : sur une carte dans le portefeuille du téléphone, il se voit en passant, ce qu'un carton au fond d'un sac ne fait pas. La deuxième, c'est qu'un premier tampon offert à l'inscription vaut mieux qu'un tampon de plus à la fin : commencer à 1 sur 10 est un départ, commencer à 0 sur 10 est une file d'attente.
Le point de départ raisonnable
Si tu n'as aucune donnée, prends dix, une récompense qui coûte moins de la moitié d'un panier moyen, et laisse tourner deux mois. Tu sauras alors deux choses que personne ne pouvait te dire à l'avance : combien de clients atteignent réellement la récompense, et à quel tampon ils décrochent.
Le fonctionnement de la carte est décrit dans un autre article, et ce que tout ça coûte dans un troisième.